Acheter des parts d’OpenAI comme on achèterait une action Apple ou Tesla n’est pas possible à ce jour. L’entreprise derrière ChatGPT reste privée, sans cotation en bourse accessible au grand public. Pour autant, plusieurs pistes permettent de s’exposer indirectement à la croissance d’OpenAI et, plus largement, au secteur de l’intelligence artificielle. Comprendre ces pistes, leurs atouts et leurs limites, c’est le point de départ avant toute décision.

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OpenAI et la bourse : pourquoi l’accès direct reste fermé
OpenAI fonctionne sous un statut hybride. À l’origine, la structure était une organisation à but non lucratif. Une filiale à but lucratif plafonné a ensuite été créée pour attirer des capitaux. Ce montage inhabituel explique en partie pourquoi aucune introduction en bourse n’a été annoncée.
Concrètement, aucune action OpenAI n’est disponible sur les marchés publics. Les seules transactions sur les parts d’OpenAI se font sur des marchés secondaires privés, réservés à des investisseurs institutionnels ou accrédités. Le particulier qui ouvre un compte-titres classique ne trouvera pas le ticker « OpenAI » sur Euronext, le NYSE ou le Nasdaq.
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Cette situation peut évoluer. Plusieurs médias spécialisés évoquent régulièrement la possibilité d’une future IPO, mais aucun calendrier officiel n’existe. Mieux vaut donc se tourner vers des alternatives concrètes plutôt qu’attendre un événement hypothétique.
Investir via Microsoft : le levier le plus direct
Vous cherchez un moyen concret pour investir dans chat gpt et son écosystème ? Microsoft (ticker MSFT) reste le véhicule le plus évident. Voici pourquoi.
Microsoft a investi un premier milliard de dollars dans OpenAI en 2019. Ce partenariat initial portait sur le développement de supercalculateurs d’IA et l’hébergement des services OpenAI sur la plateforme cloud Azure. En 2021, Microsoft a renforcé sa mise.
Le tournant date de janvier 2023, lorsque Microsoft a annoncé une troisième phase de partenariat. Selon plusieurs rapports concordants, ce nouvel engagement représenterait un investissement supplémentaire de dix milliards de dollars. En contrepartie, Microsoft récupère une part majoritaire des bénéfices d’OpenAI jusqu’au remboursement complet de ses mises, puis conserve une participation de 49 %.
Au-delà du capital injecté, Microsoft a intégré la technologie GPT-4 dans plusieurs de ses produits phares :
- Le moteur de recherche Bing utilise GPT-4 pour générer des réponses conversationnelles, un changement majeur dans la façon dont les requêtes sont traitées.
- La suite Microsoft 365 (Word, Excel, PowerPoint) intègre Copilot, un assistant basé sur les modèles d’OpenAI, destiné à automatiser des tâches de rédaction, d’analyse et de présentation.
- Azure est devenu le fournisseur exclusif de cloud d’OpenAI, ce qui génère des revenus récurrents pour Microsoft à chaque requête traitée par ChatGPT ou par les API d’OpenAI.
Acheter une action Microsoft, c’est donc acquérir une exposition significative à OpenAI, mais aussi à l’ensemble de l’écosystème cloud et logiciel de l’entreprise. Le risque est dilué par la diversification de Microsoft, ce qui peut rassurer un investisseur prudent, mais aussi limiter l’effet de levier si OpenAI connaît une croissance exceptionnelle.
Autres pistes pour s’exposer à l’intelligence artificielle
Microsoft n’est pas la seule porte d’entrée. L’essor de ChatGPT a déclenché une vague d’investissements dans toute la chaîne de valeur de l’IA. Trois catégories d’actifs méritent d’être examinées.
Les fabricants de puces
Les modèles de langage comme GPT-4 nécessitent une puissance de calcul considérable. Les entreprises qui fabriquent les processeurs graphiques (GPU) profitent directement de cette demande. Nvidia, par exemple, conçoit les puces utilisées par la plupart des centres de données qui entraînent et font tourner les modèles d’IA. AMD se positionne aussi sur ce créneau avec ses accélérateurs dédiés.
Les fournisseurs de cloud
Entraîner un modèle d’IA coûte cher en infrastructure. Google Cloud, Amazon Web Services et Microsoft Azure se partagent l’essentiel du marché. Investir dans Alphabet (Google) ou Amazon revient à parier sur la croissance globale de la demande en calcul cloud tirée par l’IA.
Les ETF thématiques IA
Pour ceux qui préfèrent ne pas choisir une seule entreprise, des fonds indiciels (ETF) regroupent un panier d’actions liées à l’intelligence artificielle. Un ETF réduit le risque lié à une seule société tout en offrant une exposition au secteur dans son ensemble. Vérifiez la composition de l’ETF avant d’acheter : certains incluent des entreprises dont le lien avec l’IA reste ténu.
Risques concrets avant de placer son argent
L’enthousiasme autour de l’IA générative ne doit pas masquer plusieurs zones d’incertitude. Avant d’engager des fonds, trois risques méritent une attention particulière.
Le premier concerne la valorisation élevée des entreprises liées à l’IA. Les cours de bourse intègrent déjà des anticipations de croissance très optimistes. Si les revenus réels ne suivent pas, une correction peut intervenir rapidement.
Le deuxième porte sur la réglementation. L’Union européenne a adopté l’AI Act, et d’autres juridictions travaillent sur des cadres similaires. Des restrictions sur l’utilisation des données d’entraînement ou sur certains cas d’usage pourraient freiner la croissance des revenus d’OpenAI et de ses partenaires.
Le troisième risque est la concurrence. Google développe ses propres modèles (Gemini), Meta publie des modèles en open source (LLaMA), et de nombreuses startups lèvent des fonds massifs. La position dominante de ChatGPT n’est pas garantie à long terme. Un investissement fondé uniquement sur la notoriété actuelle d’un produit ignore la dynamique du marché.
Approche concrète pour un investisseur particulier
Si vous souhaitez vous positionner sur ce secteur, quelques principes simples peuvent guider vos décisions :
- Définissez la part de votre portefeuille que vous êtes prêt à consacrer à un secteur à forte volatilité. L’IA reste un domaine jeune où les valorisations fluctuent fortement.
- Diversifiez entre plusieurs maillons de la chaîne (puces, cloud, logiciels, ETF) plutôt que de tout miser sur une seule action.
- Réévaluez votre position régulièrement. Le paysage de l’IA évolue vite : une entreprise dominante aujourd’hui peut perdre son avance en quelques trimestres.
Le marché de l’intelligence artificielle attire des capitaux à un rythme élevé, et ChatGPT a joué un rôle déclencheur dans cet engouement. Pour autant, l’absence d’accès direct aux actions OpenAI oblige à passer par des véhicules indirects, chacun avec son propre profil de risque. Microsoft offre le lien le plus étroit, mais les fabricants de puces et les ETF constituent des compléments utiles pour répartir l’exposition. Garder la tête froide face aux promesses du secteur reste le meilleur investissement initial.


